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| Libellules |
| Introduction générale |
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Les libellules, aussi appelées Odonates (nom de l’ordre qu’elles constituent), se reconnaissent aisément aux caractères morphologiques typiques des imagos : une tête très mobile pourvue de grands yeux globuleux et d’une paire d’antennes très courtes, un thorax puissant portant trois paires de pattes et deux paires d’ailes à la nervation complexe, et un abdomen long et plus ou moins étroit.
Les larves sont strictement aquatiques. Selon les espèces, on les rencontre en eau stagnante ou courante. Si un certain nombre sont relativement ubiquistes, d’autres sont inféodées à des biotopes très précis (torrents à fond sablonneux, suintements, etc.), ce qui fait de ce groupe d’insectes un bon témoin de la qualité et de la diversité des milieux aquatiques.
Les adultes vivent généralement près de l’eau, même si on peut les rencontrer loin de tout milieu aquatique (friches ensoleillées, pelouses sèches, clairières, layons forestiers, etc.). Ils recherchent les endroits riches en insectes, dont ils se nourrissent exclusivement.
L’ordre des Odonates comtient un nombre relativement restreint d'espèces (90 recensées en France métropolitaine pour environ 140 en Europe et 6 000 dans le monde) et se compose de deux sous-ordres :
- les zygoptères, à l’abdomen grêle, qui se tiennent posés les ailes fermées ou entrouvertes;
- les anisoptères, plus massifs, qui se tiennent posés les ailes étalées de part et d’autre du corps.
| Menaces |
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Parmi les principales causes de régression des libellules, la disparition et la dégradation des milieux aquatiques et des zones humides sont les plus évidentes. La forte proportion d’espèces appartenant à la liste rouge régionale reflète bien la précarité actuelle des écosystèmes aquatiques.
Ainsi, les biotopes larvaires de nombreux taxons ont sérieusement régressé avec l’intensification de l’agriculture. Les dépressions humides des plaines cultivées ont largement diminué, le comblement régulier des fossés a peut-être fait disparaître l’Agrion orné Coenagrion ornatum et menace plusieurs stations connues de l’Agrion de Mercure Coenagrion mercuriale.
Notons également que certains types de pratiques sylvicoles peuvent avoir des conséquences négatives. L’extension de monocultures intensives jusqu’au niveau des berges crée des zones d’ombre peu propices au développement larvaire sur des linéaires conséquents. La régression des zones de chasse (mégaphorbiaies le long des cours d’eau, friches humides de fonds de vallon, etc.) a sans nul doute aussi un impact négatif sur les populations d’imagos.
D’autre part, la rectification des cours d’eau a non seulement simplifié les milieux aquatiques du lit mineur lui même, mais a aussi supprimé progressivement les biotopes annexes (bras morts, méandres, zones temporairement inondées, etc.), d’importance majeure pour le développement de certaines espèces comme la Cordulie à taches jaune Somatochlora flavomaculata et l’Agrion gracieux Coenagrion pulchellum.
Enfin, à cela s’ajoute bien évidemment les effets des pollutions qui affectent régulièrement les eaux courantes et stagnantes (pollutions industrielles, agricoles, accidentelles, etc.). Dans ce contexte, la préservation des dernières zones humides, mais surtout la restauration de leur fonctionnalité (forêts alluviales, Rieds) représente une étape indispensable pour la survie des populations de nombreuses espèces menacées.
Cette démarche peut également s’appliquer à des milieux secondaires tels que les gravières, dont la remise en état écologique après exploitation constitue un enjeu non négligeable, aussi bien pour une faune odonatologique spécifique que pour un nombre important d’autres espèces pionnières.
Seules 4 espèces de la liste rouge alsacienne bénéficient d’une protection nationale ; elles figurent également à l’annexe 2 et/ou 4 de la Directive Habitats.
| Bilan sur les libellules en liste rouge |
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La liste rouge des Odonates d’Alsace constitue un premier état des lieux de nos connaissances. Elle comprend 29 espèces, soit 44,6% des espèces connues dans la région : c’est sensiblement la même proportion qu’au niveau national (45% d’espèces en liste rouge) (DOMMANGET, 1987) mais c’est nettement moins qu’au niveau européen (55% d’espèces en liste rouge) (van Tol et Verdonk, 1988).
Sur les 29 espèces de la liste rouge régionale, 17 (58,6%) font également partie de la liste rouge nationale (DOMMANGET, 1987) et 11 (37,9%) de la liste rouge européenne (VAN TOL et VERDONK, 1988).
La répartition par catégorie de menace des Odonates d'Alsace est résumée dans le tableau suivant.
| Catégorie |
X |
E |
V |
D |
R |
L |
AP |
AS |
NS |
P |
HL |
| Effectif |
3 |
9 |
8 |
4 |
2 |
2 |
1 |
12 |
2 |
5 |
17 |
Vous pouvez télécharger la liste rouge des libellules d'Alsace ci-dessous :
| Pour en savoir plus sur les libellules d'Alsace |
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Vous pouvez vous procurer l'ouvrage des listes rouges de la nature menacée en Alsace auprès d'ODONAT.
Vous pouvez consulter le site d'IMAGO, une nouvelle association de protection de la nature consacrée à la conservation des Invertébrés en Alsace.
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