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ESPÈCES & HABITATS - Grands Branchiopodes
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Grands Branchiopodes





Introduction générale

Les crustacés de la classe des Branchiopodes sont des animaux qui, pour la plupart, vivent dans les eaux douces stagnantes continentales. Ces derniers comptent environ 800 représentants, répartis dans 8 ordres (Thiéry, 1996) : 4 d’entre eux, Ctenopoda, Anomopoda, Onychopoda et Haplopoda, constituent l’ancien ordre des cladocères dont fait partie la daphnie ou puce d’eau(1).

Les crustacés qui nous intéressent, que nous appellerons les grands Branchiopodes, sont répartis en 4 autres ordres :

- L'ordre des Anostraca :
Les espèces de cet ordre ressemblent à de petites crevettes qui nagent sur le dos, entre deux eaux. Elles se nourrissent de phytoplancton et de bactéries en filtrant l’eau. Le mouvement rythmique de leurs pattes leur permet de se déplacer et produit un courant qui concentre vers leur bouche les petites particules en suspension dans l’eau. La distinction des espèces se fait en observant les antennes des mâles et le sac ovigère des femelles.
- L'ordre des Notostraca :
Ils sont caractérisés par une carapace, ou bouclier céphalothoracique, qui protège leur dos et leur donne un aspect de limule ou de petite tortue. Il en existe deux genres, Lepidurus et Triops. Tous deux sont représentés en France, mais seul ce dernier a été trouvé en Alsace. Ils ont un régime alimentaire varié : ils mangent aussi bien de l’herbe que des débris organiques ou des vers de terre, et ne rechignent pas à capturer des daphnies.
- L'ordre des Spinicaudata :
Ils étaient anciennement appelés Conchostraca en référence à leur aspect de coquillage bivalve. En effet, ils peuvent se refermer comme une moule et ainsi protéger leur corps ; cependant, leurs valves ne sont absolument pas calcifiées. Ils nagent grâce à leurs pattes branchies, mais sont bienmoins adaptés à la nage en pleine eau que les Anostracae. Ils senourrissent également en filtrant l’eau et en grattant le film algo-bactérien du sol ou des végétaux sur lesquels ils s’accrochent.
- L'ordre des Levicaudata.


Les grands Branchiopodes ont développé des adaptations qui permettent d’en trouver sur tous les continents, depuis le désert du Sahara jusqu’au cercle arctique, dans des milieux disparates allant de la simple ornière de chemin au plan d’eau. La particularité de ces crustacés est de se reproduire dans des mares et marais qui, le plus souvent, s’assèchent selon un rythme annuel voire pluriannuel. En effet, la plupart d’entre eux ont impérativement besoin d’une période d’assèchement pour que leurs œufs puissent éclore.
Certaines espèces peuvent boucler leur cycle de reproduction en moins de dix jours, alors que d’autres ont besoin de plusieurs mois d’inondation. Parfois, une espèce n’apparaît pas dans une mare pendant plusieurs années, puis redevient très abondante. Ces animaux sont tous rares, les espèces les plus communes n’ayant été trouvées que dans moins de 100 mares en France.

Jusqu’à maintenant, 19 espèces de grands branchiopodes ont été trouvées en France (Cart et Rabet, 2002). Quatre espèces actuelles appartenant au trois ordres exlicités ci-dessus ont été trouvées en Alsace.

(1) : habitants des eaux permanentes, parfois des eaux temporaires, ils sont assez communs. Leur petite taille (rarement plus de 5 mm) nécessite l’emploi d’une loupe binoculaire et ils ne semblent pas être de bons bioindicateurs : de ce fait, ils n'ont pas été traité lors de la réalisation des listes rouges de la nature menacée en Alsace.

Menaces

Tous les grands crustacés Branchiopodes sont rares en France et ceci pour les raisons suivantes :

Les mares temporaires où ils vivent sont très souvent l’objet de destruction par comblement ou recreusement car elles subissent l’expansion des villes et l’industrialisation de l’agriculture.
Les crues des fleuves sont de plus en plus contrôlées, ce qui fait qu’une grande partie des stations mentionnées lors de l’atlas de 1998 et datant d’avant 1950 n’ont pu être retrouvées (Defaye et al., 1998).
Certaines espèces comme les Anostracés sont sensibles aux traitements anti-moustiques, y compris au Bacille de Thuringe (BTI) surtout quand il est employé en eau froide (moins de 15°C) (Cart, 2000)1.

Bilan sur les grands branchiopodes en liste rouge

Les 4 espèces de grands Branchiopodes d’Alsace, font partie de la liste rouge et sont toutes classées En danger. Certaines, non revues depuis plus de 10 ans, auraient pu figurer dans la catégorie Disparu, mais la biologie particulière de ces animaux (apparitions irrégulières), leur rareté et leur discrétion font que, par précaution, nous n’avons pas opté pour ce choix.



Vous pouvez télécharger la liste rouge des grands branchiopodes d'Alsace ci-dessous :

La liste rouge des grands branchiopodes en Alsace (196 Ko)



Pour en savoir plus sur les grands branchiopodes d'Alsace

Vous pouvez vous procurer l'ouvrage des listes rouges de la nature menacée en Alsace auprès d'ODONAT.